MQ006
Mangrove de Fort de France


Year of compilation: 2007

Site description
Ce site d’une superficie totale d’environ 3361 ha est formé de la mangrove de la Baie de Fort-de-France qui constitue le plus grand massif de mangrove de Martinique, soit 1200 ha sur les 1850 ha de mangrove au total de l’île. Il s’agit aussi de la plus grande zone humide de la Martinique, composée de nombreux habitats naturels et anthropisés. Elle se situe au fond de la large Baie de Fort-de-France, en contact avec la plus grande agglomération de l’île au nord (Fort-de-France et Le Lamentin notamment), ainsi qu’avec les grandes plaines du Lamentin et de Rivière Salée qui sont plantées en canne à sucre et en bananeraies à l’est.

Key biodiversity
Environ 140 espèces fréquentent ce site. Au moins 37 espèces sont nicheuses sur l’ensemble du site, dont 9 espèces à répartition restreinte: le Colibri falle-vert Eulampis holosericeus, le Colibri huppé Orthorhyncus cristatus, le colibri madère Eulampis jugularis, la Moucherolle gobe-mouches Contopus latirostris, le tyran janeau Myiarchus oberi, le Moqueur grivotte Margarops fuscus, le Sporophile rougegorge Loxigilla noctis, le Saltator gros-bec Saltator albicollis, et l’Oriole de la Martinique Icterus bonana. Parmi les Ardéidés, on peut noter comme espèces nicheuses, l’Aigrette bleue Egretta caerulea, le Bihoreau violacé Nyctanassa violacea, le Bihoreau gris Nycticorax nycticorax et comme espèce au statut inconnu, le Grand héron Ardea herodias et le Petit blongios Ixobrychus exilis. L’avifaune de la zone humide est surtout composée d’espèces migratrices: canards, rapaces, limicoles, hérons, ibis, sternes, parulines, etc. Plus de 90 espèces migratrices fréquentent ainsi la mangrove et les milieux associés, particulièrement d’août à avril. Ce site constitue ainsi la plus grande halte migratoire de la Martinique pour les oiseaux d’eau.

Non-bird biodiversity: Présence d’au moins 4 espèces de chauves souris protégées Noctilio leporinus mastivus, Molossus molossus, Ptéronotus davyi et Brachyphylla cavernarum, d’un lézard Anolis roquet roquet, dont la sous-espèce est endémique de la Martinique et protégée.



Pressure/threats to key biodiversity
-Urbanisation liée à l’expansion des villes, -Implantation des zones commerciales et industrielles, -Agrandissement de l’aéroport et des marinas, -Pollution généralisée des eaux douces alimentant la mangrove, -Sur-sédimentation et envasement des milieux marins, -Curage des rivières par l’Etat, les communes et le Conseil Régional, travaux de drainage des prairies humides, développement de la culture de la canne à sucre, -La chasse incontrôlée et le braconnage constituent de fortes menaces pour les Colombidés et les Mimidés. Leurs populations semblent avoir nettement régressé d’après la diminution des prises et les témoignages des chasseurs. Quant aux oiseaux migrateurs, limicoles et canards, ceux-ci sont soumis à une pression sans limite aucune, qu’ils soient protégés ou non. -Prédation des œufs et des poussins par des espèces introduites :le rat noir Rattus rattus, la Mangouste Herpestes auropunctatus et le Chat domestique Felix catus.

Conservation responses/actions for key biodiversity
Ce site fait l’objet de nombreuses études, notamment de l’Université des Antilles et Guyane de Martinique et Guadeloupe concernant les problèmes de pollution et d’envasement. La flore et les habitats sont relativement connus, mais aucun inventaire général ornithologique n’y a encore été réalisé. Depuis les années 1990, tous les projets de conservation ont échoué ou ont été abandonnés. Un nouvelle étude préalable à la mise en Réserve Naturelle Régionale doit être réalisée en 2007 à la demande du Parc Naturel Régional de Martinique. Un projet de « Contrat de Baie », visant à limiter les problèmes de pollution et d’envasement est aussi en cours de réalisation par la Communauté d’Agglomération du Centre et de l’Est de la Martinique (CACEM). Enfin, une étude de la structure des peuplements d’oiseaux nicheurs par type d’habitat, ainsi que l’inventaire des parulines hivernantes est en cours d’élaboration par le bureau d’étude BIOS (Leblond G., comm. pers.) pour l’Office National des Forêts (ONF).

Protected areas
La protection de la zone humide est recommandée par l’ensemble des politiques publiques de l’Etat ou de la Région Martinique, mais aucun projet « réserve naturelle, Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APB), etc. » n’a abouti. La mangrove est néanmoins en majeure partie propriété de l’Etat (Domaine Public Maritime). Elle est gérée par la Direction Départementale de l’Equipement (occupation du sol), par la Direction de l’Agriculture et de la Forêt (chasse) et par l’Office Nationale des Forêts (gestion forestière). L’ONF gère aussi directement 240 ha de Forêt Domaniale du Littorale. Le Conservatoire des Espaces Littoraux et des Rivages Lacustres en protège seulement 20 ha par acquisition. Les prairies herbacées saumâtres et les plans d’eau sont par contre privés pour la plupart. Seuls 250 ha ont été classés en Réserve de Chasse où l’interdiction de la chasse est mal respectée.

Habitat and land use
Cette zone humide est constituée en majeure partie de mangrove à palétuvier rouge Rhizophora mangle et à palétuvier noir Avicennia germinans. Les ceintures forestières les plus éloignées de la mer sont formées de palétuvier noir Avicennia germinans, de palétuvier blanc, Laguncularia racemosa et de palétuvier gris, Conocarpus erectus. Ces formations sont soit arborescentes, soit arbustives. Certaines activités de découvertes de la mangrove s’y effectuent notamment en kayak. Sur les parties les plus sèches, se développent des boisements à campêche, Haematoxylon campechianum et les petites collines enclavées dans la mangrove sont constituées de forêt méso-xérophiles secondaires ou de prairies pâturées. Certaines d’entre elles accueillent des bases nautiques ou des habitations. Les habitats qui marquent souvent la transition entre les cultures de cannes à sucre et la mangrove sont formés de marais herbacés saumâtres plus ou moins envahis d’arbrisseaux épineux. Ceux-ci sont pâturés, aménagés en marais de chasse ou laissés en friche. Des vasières découvertes à marée basse bordent parfois les ceintures de palétuvier rouge ou sont enclavées dans la mangrove. L’absence de végétation étant due soit à une saturation en sel, soit, assez souvent, à un défrichement illégal pratiqué par les chasseurs de gibier d’eau. Plusieurs plans d’eau artificiels se trouvent en bordure de mangrove, ainsi que de nombreuses mares naturelles ou artificielles présentes sur les petites collines ou « mornes », enclavées dans le massif de palétuvier. Plusieurs rivières et canaux traversent la mangrove. Ils sont bordées de palétuviers rouges, de végétation aquatique ou de vasières. Plusieurs canaux sont régulièrement curés. Globalement, la plupart des milieux subissent ou ont subit l’impact d’importants travaux de drainage.


Recommended citation
BirdLife International (2023) Important Bird Areas factsheet: Mangrove de Fort de France. Downloaded from http://www.birdlife.org on 01/04/2023.