NC026
Entre les monts Nakada et Do


Year of compilation: 2007

Site description
Cette IBA fait partie des grandes IBA dont la superficie avoisine les 30 000 ha, couvrant de ce fait une grande diversité de reliefs, de sols et d’habitats aux régimes fonciers variables. Elle se situe entre Nakety et Boulouparis. Elle est orientée nord sud, le long d’une arrête qui naît sur le point culminant de l’IBA, le mont Nakada (1 134 m), se prolonge au sud, en passant par plusieurs sommets excédant tous 800 m, et se termine sur le versant sud du mont Do (1 025 m). De part et d’autre de cette crête, on trouve de vastes bassins versants dont les cours d’eau alimentent les rivières Thio à l’est, Nakéty au nord, La Foa à l’ouest et la Ouaméni au sud. Le massif est principalement constitué de formations volcano-sédimentaire. Toutefois, à son extrémité sud, le mont Do repose sur des péridotites et est recouvert d’un maquis édaphique dégradé. La couverture forestière présente la même distribution que dans les autres IBA de la Grande Terre, en ne recouvrant plus que les fonds de vallées et les hauteurs. La forêt est bien conservée dans la partie centrale de l’IBA, entre Kouerga et Oui-poin et sur les pentes sud du Nakada. Dans ces parties, la canopée atteint une bonne dizaine de mètres en moyenne. Plus au sud et dans la partie provinciale Nord de l’IBA, la forêt, souvent à tendance mesophile, est moins bien conservée, fragmentée et se caractérise par un sous-bois moins dense.

Key biodiversity
Cette IBA, du fait de sa grande taille et malgré les 117 points d’écoute qui y ont été réalisés, a été moyennement échantillonnée. Il conviendra donc de considérer les données chiffrées ci-après avec prudence, tant parce qu’elles sont susceptibles de sous-estimer la richesse spécifique, pourtant déjà remarquable, du site, que parce que potentiellement biaisées, elle peuvent le faire apparaître plus riche qu’il ne l’est. En moyenne, 30,8 individus ont été entendus par point, un des meilleurs résultats de toute la Grande Terre. On y a dénombré un total de 40 espèces terrestres natives et même si aucune espèce marine n’y a été contactée on peut imaginer que le massif en héberge certainement. Parmi elles, 25 espèces possèdent une répartition restreinte et 17 sont endémiques. Seule la Perruche cornue, peut-être à l’avantage de la Perruche calédonienne quant à elle très présente, y est en moyenne moins abondante que sur l’ensemble des autres IBA. Toutes les autres espèces endémiques possèdent une fréquence d’occurrence plus élevée (rarement seulement égale) que la moyenne des autres sites. Enfin, on y dénombre 17 sous-espèces endémiques de la Nouvelle-Calédonie. Quatre espèces introduites y ont été contactées, il s’agit du Coq Bankhiva, du Dindon commun, du Paon bleu et de l’Astrild ondulé. La population de Cagou de cette IBA est probablement la plus importante population naturelle du territoire. Elle était estimée à plus de 135 individus en 1992. Lors des prospections opportunistes, menées de 2004 à 2006, et couvrant une région légèrement plus importante que celle de 1992, 161 individus y ont été contactés. Cette IBA est ainsi, à l’exception de l’IBA des massifs du Grand Sud, la plus importante pour la conservation de cette espèce. Vers la tribu de Ouitchambo, on trouve l’une des populations de Cagous établie aux plus faibles altitudes. La région est également considérée comme abritant plus de 1 % de la population mondiale des individus de Perruche calédonienne. Le Faucon pèlerin y a été observé et s’y reproduit possiblement.

Pressure/threats to key biodiversity
L’identification des menaces et la planification des enjeux de conservation sur cette IBA, de grande taille, nécessitent des études plus approfondies. Toutefois les points suivants sont suffisamment importants pour mériter d’être présentés. La présence de populations humaines sur toute la périphérie de l’IBA a fortement contribué à la transformation des zones de piémont et des vallées. Le défrichement et le feu sont les principaux acteurs de ces transformations. La récurrence des incendies entraîne une savanisation des zones brûlées. Il serait intéressant de confronter cette perception de terrain avec des données spectroradiométriques, comme celles collectées par les satellites Terra et Aqua de la NASA et utiles pour dresser le bilan des incendies ayant eu lieu sur cette zone. Un travail de sensibilisation efficace doit être engagé pour mieux prévenir ce fléau. Parallèlement, les moyens de détection et de lutte contre les incendies doivent être développés. Enfin, les mesures répressives justes doivent être appliquées. La présence humaine autour de cette IBA ainsi que l’existence d’un réseau de voies de communication dense favorisent la pratique cynégétique qui est considérée comme une autre menace importante, en particulier pour la survie du Cagou, mis en péril par les chiens de chasse errants. Les deux précédents facteurs favorisent la prolifération des espèces introduites, en particulier celle des ongulés. Les cerfs et cochons marrons sont abondants voire très abondants sur cette IBA et devront faire l’objet d’un contrôle (de Garine-Wichatitsky et al. 2005a) pour limiter l’impact qu’ils ont sur le milieu mais aussi sur l’avifaune (compétition pour la ressource alimentaire, prédation). Sur le pic Ouitchambo, il existe une population de chèvres dont le régime alimentaire opportuniste menace plus largement l’ensemble des espèces ligneuses (de Garine-Wichatitsky et al. 2005b). Enfin, nous avons signalé qu’au sud, la nature du sol changeait et devenait ultrabasique et potentiellement riche en minerais. Le mont Do a, dans le passé, déjà fait l’objet, sur son flanc est, d’une exploitation minière, et des concessions minières y sont toujours attribuées. Jouxtant l’ancienne mine, il existe une réserve qui ne fait l’objet, à notre connaissance, d’aucune gestion. Les habitants des tribus de Ouitchambo et de Oui-poin ont développé plusieurs initiatives touristiques (accueil en tribu, étape de la Transcal 2006, sentiers de randonnée pédestre) et pourraient participer au développement de circuits naturalistes. Dans cette même région également, au sud de l’IBA, il faut signaler qu’un certain nombre de zones sont sur du foncier privé. Il s’agit d’une caractéristique assez originale à intégrer lors de la mise en place d’un futur plan de gestion.


Recommended citation
BirdLife International (2020) Important Bird Areas factsheet: Entre les monts Nakada et Do. Downloaded from http://www.birdlife.org on 04/08/2020.