NC022
Hautes vallées des rivières Néaoua, Koua et Kouaoua


Year of compilation: 2007

Site description
Cette IBA se situe au milieu de la chaîne centrale entre le col des Roussettes et le Gwâ Rùvianô (Ménazi), au niveau de Houaïlou et Bourail. La frontière provinciale constitue sa limite sud. L’IBA est majoritairement constituée de formations volcano-sédimentaires, toutefois son point culminant, le Mé Adéo (1 089 m) et le Gwà Rùvianô (Ménazi – 1 089 m) sont formés de péridotites. Comme son nom l’indique, on trouve dans l’IBA, les bassins versants supérieurs de trois rivières de la côte est, la Néaoua, la Koua et la Kouaoua. L’IBA, en particulier sur le plateau des sources de la Néaoua, est majoritairement recouverte d’une forêt dense sempervirente de basse et moyenne altitude. De manière étonnante, le Calophyllum sp. n’a pas été répertorié à proximité de Néoua alors qu’il s’agit dans les forêts de ce type d’une essence dominante. Sur le plateau, on trouve également de petites plantations de Pins des caraïbes. Tandis que sur les sols ultramafiques, vers le Mé Adéo et le Ménazi, se développe un maquis édaphique. Enfin, dans les vallées, à proximité des tribus, le paysage de savanes entrecoupées de forêts galeries domine.

Key biodiversity
Cette IBA a fait l’objet d’une prospection assez intense de la part de plusieurs missions dont la plus récente a réalisé 117 points d’écoute. Avec une moyenne de 27,9 individus entendus par point, l’IBA présente parmi les meilleurs résultats, de toute la Grande Terre. On y a dénombré un total de 43 espèces terrestres natives et une espèce marine, le Pétrel de Tahiti. Parmi ces espèces, 24 sont à répartition restreinte et 17 sont endémiques à la Nouvelle-Calédonie. La plupart (82,3 %) des espèces endémiques possèdent une fréquence d’occurrence plus élevée que la moyenne des autres sites. Enfin, 18 de ces espèces sont des sous-espèces endémiques à la Nouvelle-Calédonie. Parmi les espèces endémiques, le Cagou est fréquent, surtout à l’est de l’IBA, dans les hautes vallées de la Koua et de la Kouaoua. La population pourrait compter entre 50 et 80 individus, comparable aux IBA de Table Unio et Farino et des monts Nakada et Do. Elle constitue un des foyers de présence important pour l’espèce. Elle est en outre en liaison avec celle de l’IBA de Table Unio et Farino. Le site accueille également une population importante de Perruches calédonienne dont on estime les effectifs à plus de 1 % de sa population totale. Les autres espèces endémiques y sont présentes avec une abondance élevée. Le Méliphage toulou semble absent et seuls l’Echenilleur de montagne et la Perruche cornue y sont, en moyenne, moins bien représentés que dans les autres IBA. Il est à noter que la taille de l’IBA, la diversité de ses milieux et la variété de leur état de conservation fournit aux oiseaux une grande variété de milieux dont certains ont tiré parti. Les Perruches ont par exemple très certainement profité de l’existence de milieux ouverts.

Non-bird biodiversity: Les roussettes, Pteropus vetulus et Pteropus ornatus, y ont été communément observées. Treize espèces de lézards (4 geckos et 9 scinques) y ont également été observées, dont deux nouvelles pour la Nouvelle-Calédonie : Bavayia pulchella et Lioscincus sp.



Pressure/threats to key biodiversity
La principale menace pesant sur cette IBA est probablement son accès grandement facilité, e, particulier à l’ouest, par un réseau de pistes dense, qui permet l’accès jusqu’au cœur des zones boisées. Ouvertes pour la prospection minière ou l’exploitation forestière, ces pistes, même si la plupart ne sont plus carrossables, favorisent la circulation des chasseurs mais aussi la progression des espèces introduites animales et végétales ainsi que le risque de feu. Dans le passé, la chasse, pratiquée par des citadins sur les terres de la tribu de Néoua, a comme souvent cristallisé des revendications plus globales et débouché sur des blocages. Toutefois, dans ce cas précis, la tribu a volontairement pris l’initiative de demander le classement de 1 865 ha de forêts en Réserve spéciale de faune. Le Haut-commissariat a, à l’époque, rejeté cette demande mais s’est prononcé sur une restriction d’accès. Il serait opportun, maintenant que les tensions ont disparu, d’utiliser cette initiative comme fondement d’un projet de conservation et de développement économique de cette IBA. Actuellement, la chasse est modérée, même si localement, elle peut être plus soutenue comme par exemple au nord de l’IBA, vers les barrages hydroélectriques de la Néoua et le col des Roussettes. Une grande partie du plateau nord a été exploitée pour son bois et les forêts ont localement, comme dans toutes les zones exploitées intensivement sur terrains volcano-sédimentaires, l’apparence de taillis de hauteur moyenne d’où les grands arbres ont disparu. Aujourd’hui l’exploitation de la forêt primaire est achevée et les coupes concernent les importantes superficies de Pin des Caraïbes plantées depuis plusieurs dizaines d’années dans la région. Il conviendra, compte tenu du caractère envahissant de cette espèce, d’en suivre l’évolution et si besoin d’en proposer une gestion. Dans les années 1980, une exploitation forestière sélective a également entamé l’intégrité des forêts environnant la tribu de Néoua. Même si cette activité n’a pas persisté suffisamment longtemps pour modifier significativement l’ensemble des forêts de cette IBA, localement la coupe de parcelles a, comme l’exploitation minière, sévèrement modifié le fonctionnement du réseau hydrique, entraînant des inondations à répétition de la tribu de Néoua. L’observation de l’impact des ongulés au cours des prospections ornithologiques suggère que les cerfs sont relativement moins abondants que les cochons, surtout à l’ouest de l’IBA. D’autres actions à entreprendre pour la conservation de cette IBA, en particulier face aux risques permanent du feu et de l’exploitation minière, sont consignées dans le paragraphe sur les recommandations générales.


Recommended citation
BirdLife International (2019) Important Bird Areas factsheet: Hautes vallées des rivières Néaoua, Koua et Kouaoua. Downloaded from http://www.birdlife.org on 22/05/2019.