NC015
Goro Até et haute vallée de la rivière Tchamba


Year of compilation: 2007

Site description
L’anthropisation présente un gradient négatif d’est en ouest. Le feu a modelé le paysage aux plus basses altitudes tandis que sur les hauteurs subsistent un vaste massif forestier continu d’est en ouest, pénétré localement par des zones de forêts secondarisées ou de savanes en cours de recolonisation par les essences pionnières des forêts humides. Sur les piémonts, on trouve principalement des lambeaux de forêts galeries sillonnant de vastes savanes à niaoulis (Melaleuca quinquenervia) qui en de nombreux endroits laissent la place à un couvert forestier secondarisé. Dans la Tchamba, la forêt présente une canopée assez basse et disjointe où les arbres remarquables sont absents. C’est le résultat, avec l’érosion, de plus de trente ans d’une exploitation forestière intensive. Plus à l’ouest, la forêt est assez homogène et présente une hauteur moyenne (une dizaine de mètres pour les zones parcourues) ainsi qu’un sous-bois dense. Son point culminant est le Goro Até (890 m), sommet isolé dont les hauteurs sont quasiment inaccessibles.

Key biodiversity
Cette IBA est un peu mieux connue que la précédente avec la réalisation de 46 points d’écoute et plusieurs missions d’inventaires. On y a dénombré 34 espèces terrestres dont 23 espèces à répartition restreinte et 16 des 19 espèces endémiques visibles sur la Grande Terre. Par ailleurs on y dénombre également 16 sous-espèces endémiques à la Nouvelle-Calédonie. L’IBA abrite encore le Cagou. Une vingtaine d’individus y ont été contactés. Le Carpophage géant (notou) et le Ptilope vlouvlou (Pigeon vert) y sont plutôt moins représentés que dans les autres IBA peut-être à cause d’une pression de chasse jugée forte. La Perruche cornue a été peu contactée et uniquement à l’ouest de la zone, où elle semble cependant assez fréquente.

Non-bird biodiversity: Au moins trois espèces de roussettes y sont présentes. Il s’agit de Pteropus ornatus, qui est abondante, au moins à l’est de l’IBA, de Pteropus vetulus et de la rare Notopteris neocaledonicus. Une espèce de gecko et six espèces de scinques dont Nannoscincus greeri ont été observées dans la vallée de Néuni.



Pressure/threats to key biodiversity
L’est de l’IBA (vallées de Tchamba et Néuni) a fait l’objet d’une importante exploitation forestière entre 1953 et 1970. En 1987, les résultats attrayants d’un inventaire des essences d’appel, réalisé par Cider-Est, ont relancé les projets d’exploitation forestière. La DDE-E soutient et encadre (étude d’impact, plan d’exploitation, …) le projet Ponéribois (M. Brinkert, comm. pers., 2005). Les conséquences sur l’état de conservation de la forêt sont évidentes avec la quasi disparition des arbres de haut jet, de nombreuses pistes créant de véritables saignées dans la forêt primaire, autorisant un accès facilité aux secteurs même les plus isolés, à la fois pour les hommes et les animaux introduits, favorisant la progression des espèces végétales invasives et entraînant une forte érosion souvent incontrôlée. A certains endroits, le service des forêts a entrepris la plantation de Pins des Caraïbes (Pinus caribaea). Le caractère envahissant de cette espèce est connu et observé ça et là, ainsi il conviendra de surveiller et peut-être de contrôler sa dissémination. D’autres espèces introduites sont bien présentes sur l’IBA. La fourmi électrique (Wasmannia auropunctata) a été introduite dans les zones où a eu lieu l’exploitation forestière. A proximité des tribus, on rencontre des chats et de chiens, qui sont des prédateurs reconnus des Cagous. Dans les zones étudiées, qui s’étendent bien au-delà des abords des tribus, les dégâts des cochons et cerfs ont été jugés importants. La chasse est intensive à l’est de l’IBA et plusieurs témoignages ont fait état d’une commercialisation du gibier, principalement des Columbidés et des Macrochiroptères. Cette pratique illégale et non durable doit être sévèrement réprimée. La population de Cagou est aussi soumise à une très forte pression dans cette région est de l’IBA, très facile d’accès par les pistes d’exploitation et fréquemment parcourue par les chasseurs des tribus proches. Malgré cela l’espèce est toujours présente, aussi étonnant que cela ait pu nous paraître, mais reste très vulnérable et doit faire l’objet d’une attention toute particulière et d’actions rapides. Les incendies, dont la fréquence est importante aux abords des tribus, ont fortement modifié le paysage, entraînant le remplacement progressif des forêts humides de basse altitude par des savanes à niaoulis. Les forêts galerie ont semble t-il mieux résisté. A certains endroits, préservés du feu, un processus de recolonisation des savanes par la forêt humide est en cours et témoigne du caractère réversible des dégradations en cas de bonne gestion de cette menace. L’intérêt de cette IBA réside dans le défi que représente la nécessité de protéger une population de Cagou et de permettre le développement économique de plusieurs tribus importantes.


Recommended citation
BirdLife International (2020) Important Bird Areas factsheet: Goro Até et haute vallée de la rivière Tchamba. Downloaded from http://www.birdlife.org on 28/09/2020.