NC002
Îles des récifs Bampton et Chesterfield


Year of compilation: 2012

Site description
Situés au centre de la mer de Corail, à quelques 450 milles nautiques au nord-ouest de Nouméa, les récifs de Bampton et Chesterfield sont des formations coralliennes construites sur des guyots d’origine volcanique, dont l’histoire remonterait à l’oligocène supérieur (2,8 MA). Il s’agit vraisemblablement des plus grands atolls du monde (Richer de Forges et al. 1986) sur lesquels se sont formés une dizaine d’îlots et des dizaines de cayes sableuses. Toutes ces terres émergées sont basses (maximum 12 m), constituées de sable ou de débris coralliens et recouvertes par une végétation herbeuse et arbustive, rarement parsemée d’arbres. La végétation de cet archipel est assez pauvre et représente une vingtaine d’espèces, majoritairement à répartition pacifique. La strate herbacée compte 6 espèces de graminées dont l’abondant Lepturus repens et est majoritairement constituée de Boerhavia diffusa, une Nyctaginacée. Les ligneux sont dominés par le faux tabac Messerschmidia argentea, souvent disposé en couronne autour de l’îlot, et par Scaevola taccada. Ces récifs ont, semble t-il, été découverts en 1793, par deux navires, le Chesterfield et le Shah Hormuzear (respectivement commandés par les capitaines Alt et Bampton), en route vers Batavia (l’actuel Jakarta) pour faire le commerce du rhum. Le 19ème siècle fut celui des baleiniers à la recherche des baleines à bosse et cachalots, alors très abondants dans la région. Les îlots se peuplèrent alors de façon temporaire, de baleiniers et de naufragés au destin souvent tragique. Ce fut l’ambition d’Alcide Desmazures pour l’exploitation des dépôts guanifère de l’île Longue qui poussa le Gouverneur Jean Orly, à dépêcher sur place l’aviso transport mixte La Seudre, pour prendre officiellement possession de cette dépendance, le 15 juin 1878. L’exploitation du guano sera conduite à l’insu de l’administration jusqu’à l’épuisement de la ressource vers 1887. L’archipel sera ensuite moins sollicité, si ce n’est pour la collecte automatisée de données météorologiques sur l’île Longue, entre 1944 et 1948, puis sur l’île Loop à partir de 1968 et jusqu’à nos jours. Les nombreuses batteries alimentant cette dernière ont été rapportées sur la Grande Terre en avril 2006.

Key biodiversity
Les études ornithologiques conduites sur les récifs de Chesterfield et Bampton ont permis d’y identifier 14 espèces d’oiseaux marins (en considérant que les petites sternes blanches observées étaient toutes des Sternes néréis et non pas un mélange de Sternes néréis et naines ; le critère de diagnose évoqué par (Rancurel 1973a), et portant sur l’extrémité noirâtre du bec, n’étant pas fiable) et 8 espèces terrestres ou côtières. Douze espèces marines s’y reproduisent de manière certaine, il s’agit du Puffin fouquet, des Frégates du Pacifique et Ariel, du Phaéton à brins rouges, des Fous masqué, à pieds rouges et brun, des Sternes huppée, néréis et fuligineuse ainsi que des Noddis brun et noir. Une seule espèce terrestre s’y reproduit, il s’agit du Râle tiklin, un oiseau coureur dont l’origine est mal comprise. Notons que l’holotype de cette sous-espèce identifié par (Schodde & de Naurois 1982) et déposé au Muséum national d’histoire naturel vient de l’île Longue. Le statut du Phaéton à brin jaune et de la Sterne diamant est imprécis, tout comme celui d’un petit cormoran de couleur sombre identifié tour à tour comme noir (P. sulcirostris) ou pie (P. melanoleucos – il existe une forme sombre de cette espèce). (Godard 1982) rapporte même sa reproduction, observation jusqu’à ce jour inédite en milieu marin néo-calédonien, pour ces espèces plutôt dulçaquicoles ou des mangroves. Six espèces de migrateurs y ont également été observées dont cinq limicoles et le Coucou éclatant. Bien que leurs effectifs soient inférieurs aux seuils d’élection d’une IBA sur la base du critère A4, les îles des récifs Bampton et Chesterfield accueillent des populations très significatives de Fous masqués (464 couples) et de Sternes néréis (une dizaine). Pour cette dernière on peut penser que sa population a été sous-évaluée du fait de la difficulté d’échantillonner les nombreuses cayes de l’archipel, habitat où l’espèce est connue pour se reproduire. De plus, l’IBA accueille plus de 1 % de la population mondiale de Fous à pieds rouges (1 300 couples), de Puffins fouquets (34 600 couples) et de Sternes fuligineuses (20 000 couples).

Non-bird biodiversity: Historiquement toute la région situées entre les récifs de Bellona et Bampton était très riche en baleines à bosses Megaptera novaeangliae (plutôt à l’intérieur des lagons) et en Cachalots Physeter macrocephalus (Denham H. M., commandant du HMS Herald cité par Bourne et al. 2005). C’est également un site de reproduction important pour la Tortue verte (Chelonia mydas), plus de 200 traces ont été dénombrées sur les îlots de cette IBA (Kusser & Suprin 1990). Suite à différentes missions scientifiques de l’IRD, il existe de nombreuses données sur la faune benthique et pélagique de cette région.



Pressure/threats to key biodiversity
Climate change is listed as the third greatest threat to seabirds globally (Croxall et al. 2012). It is predicted to decrease the land area of low-lying Pacific islands and cause complete inundation of some islands (IPCC 1997) leading to substantial population declines (Hatfield et al. 2012). Although no current data or predictions are available specific to this IBA climate change represents a potential threat to this site owing to the risk of future sea level rise leading to inundation, and increased frequency of storms. Invasive Alien Species represent the greatest threat to seabirds globally (Croxall et al. 2012), causing adult mortality and reduced productivity owing to egg and chick predation. No data exists on the presence of invasive alien species at Iles des recifs Bampton et Chesterfield (Spaggiari et al. 2007). Polynesian Rat is ubiquitous throughout the Pacific (IUCN SSC Invasive Species Specialist Group 2012) and is assumed to be present. Polynesian Rat has been recorded predating adult seabirds as well as eggs and chicks (Kepler 1967). They have precipitated island extinctions in small-bodied, ground-nesting seabirds, but their impacts on larger or arboreal nesting seabirds appear to be lower (Atkinson 1985, Jones et al. 2008). Black Rat, Brown Rat, Feral Cat, Feral Pig and Feral Goat are all plausible but unconfirmed residents. Each can potentially cause declines in seabird colonies, and ungulates can exacerbate the threat from other invasive mammals through habitat modification (Atkinson 1985, Rodríguez et al. 2006, Jones et al. 2008, Duffy 2010). Overall, invasive mammals are suspected to be present and are likely to be having a limiting effect on seabirds, or causing population declines. Human disturbance and direct harvesting of seabirds are listed as threats to 26 and 23 of the 97 globally threatened seabirds respectively (Croxall et al. 2012). For Near Threatened and Least Concern species it is likely that human disturbance and consumption affect an even greater proportion, particularly of tropical species, for which major reductions in populations and/or breeding sites are increasingly indicated but seldom quantified, especially across the whole range of the many wide-ranging tropical seabird species (Croxall et al. 2012). Human disturbance and direct harvesting occur at this site, with evidence of fisherman landing to exploit the seabirds (Spaggiari et al. 2007). The sustainability of such harvests is unknown but it may represent a threat to this population.

Conservation responses/actions for key biodiversity
Monitoring des populations d'oiseaux marins. Eradication des prédateurs introduits (rongeurs). SCO/Birdlife/fondation Packard

Protected areas
Aucune

Habitat and land use
Petits îlots sableux à végétation arborée et récifs coralliens


Recommended citation
BirdLife International (2019) Important Bird Areas factsheet: Îles des récifs Bampton et Chesterfield. Downloaded from http://www.birdlife.org on 20/04/2019.