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Forestry massif of Basse-Terre island


Year of compilation: 2007

Site description
Massif forestier couvrant 27 750 ha d’un seul tenant s’étendant sur toute la zone centrale de l’île de Basse-Terre, quasiment depuis le niveau de la mer jusqu’au sommet de la Soufrière (1467 m). Le périmètre de l’IBA est défini par les limites administratives de la forêt départemento-domaniale gérée par l’ONF. Elle englobe en outre la zone centrale du Parc National de la Guadeloupe d’une superficie de 17 300 ha (60% de l’IBA), zone érigée en sanctuaire. Les villes et villages sont situés sur la périphérie de l’IBA en limite externe. A ce jour, il n’y a pas d’installation humaine durable au sein de l’IBA.

Key biodiversity
Le Pic de Guadeloupe M. herminieri (NT), dernière espèce d’oiseau endémique, est présent ici dans son bastion, on trouve en effet dans cette IBA environ 7500 des 10 330 couples composant sa population mondiale. De plus, les 13 espèces d’oiseaux endémiques des Petites Antilles, sont aussi présentes dans le territoire de l’IBA. A celles-ci s’ajoutent E. musica, présente également sur Hispaniola et Puerto-Rico. La Grive à pattes jaunes Cichlherminia lherminieri (VU) est assez commune dans le périmètre de l’IBA et ce malgré son statut défavorable de conservation attribué par l’UICN (VU : vulnérable). Il est à souligné que cette espèce est chassable en Guadeloupe et qu’aucun quota journalier ne s’impose à son prélèvement. Le Martin-pêcheur à ventre roux Ceryle torquatus stictipennis, dont cette sous-espèce est endémique des Petites Antilles, est présent en Guadeloupe presque exclusivement sur le périmètre de cette ZICO. Cet oiseau est menacé dans notre département, sa population ne serait qu’à peine de quelques dizaines de couples. Il semble plus que jamais urgent de mettre en place un suivi de cette espèce dans notre île. Enfin, la dernière observation de la sous-espèce du Troglodyte des Antilles Troglodytes martinicensis guadelupensis (Cory, 1886) en Guadeloupe a également été réalisée au sein du périmètre de l’IBA en 1973 (Barlow, 1978).

Non-bird biodiversity: De nombreuses espèces animales et végétales à répartition restreinte sont présentes sur le territoire de l’IBA. Parmi celles-ci, on retrouve plusieurs espèces de chauves-souris très intéressantes : La Sérotine de la Guadeloupe Eptesicus guadeloupensis (endémique de Basse-Terre), la Sturnire de la Guadeloupe Sturnira thomasi (S. t. thomasi est endémique de Basse-Terre et S. t. vulcanensis de Montserrat où elle est extrêmement rare), le Myotis de la Dominique Myotis dominicensis (endémique de Basse-Terre et de Dominique), le Monophylle des Petites-Antilles Monophyllus plethodon (endémique des Petites-Antilles et disparu de Porto Rico) et l’Ardops des Petites-Antilles Ardops nichollsi (la sous-espèce A. n. annectens est endémique de Guadeloupe). On trouve aussi deux amphibiens endémiques de Basse-Terre : l’Hylode de Pinchon Eleutherodactylus pinchoni et l’Hylode de Barlagne E. barlagnei. Ce massif est riche en espèces végétales rares dont 25 d’endémiques de Guadeloupe qui réalisent des formations très originales (l’orchidée Epidendrum mutelianum, Lobelia persicifolia, Juncus guadeloupensis, Pois doux montagne Inga guadelupensis, Ocotea dussii, endémiques de Guadeloupe. A l’étage inférieur (<300m d’altitude) de nombreuses espèces sont devenues rarissimes en raison d’une surexploitation ou réduction de leur habitat en zone périphérique ne bénéficiant pas de la protection statutaire forte du Parc national (le palmier dendé-glouglou Acrocomia karukerana endémique de Guadeloupe et de Martinique, Acomat franc ou Sideroxylon foetidissimun, le bois vert Rochefortia spinosa, Quararibaea turbinata, Bois radar Buchenavia tetraphylla, Bois fourmi Licaria salicifolia Elles sont menacées d’extinction locale et nécessitent des mesures de protection fortes.



Pressure/threats to key biodiversity
Les milieux gérés par l’ONF et le PNG sont correctement protégés. Les menaces sont plutôt dues à des exactions directes (braconnage dans l’enceinte du Parc National) et à l’impact des mammifères introduits (Rat noir Rattus rattus, Petite Mangouste indienne Herpestes auropunctatus). L’utilisation abusive des pesticides dans les bananeraies est extrêmement préjudiciable pour de nombreuses espèces d’oiseaux. Cela pourrait être la cause essentielle de la raréfaction du Martin-pêcheur à ventre roux Ceryle torquatus stictipennis qui pourrait avoir été contaminé par les poissons intoxiqués (chlordécone et autres pesticides).

Conservation responses/actions for key biodiversity
Une étude spécifique a été réalisée sur le Pic de la Guadeloupe Melanerpes herminieri (P. Villard, 1999) sur l’ensemble du département, et tout le territoire de l’IBA a été parcouru dans ce cadre. Le Parc National de Guadeloupe mène de nombreuses études et travaux sur 60% du territoire de l’IBA.

Protected areas
La totalité de la zone centrale du Parc National de Guadeloupe (17 300 ha) est incluse dans l’IBA. Cette forêt départementalo-domaniale est protégée par un arrêté ministériel du 30 juin 1948 qui consacre une attribution d’usage à l’ONF, la propriété revenant au département (nu propriétaire). La quasi-totalité de l’IBA est aussi reconnue comme Réserve de la Biosphère (classement UNESCO).

Habitat and land use
En fonction de l’altitude et de l’exposition, ce massif installé sur sols volcaniques peut être décomposé en forêt xérophile présente en Côte Sous-le-Vent, en forêt mésophile, partiellement caducifoliée comptant 83 espèces ligneuses, en forêt hygrophile, dense, humide et sempervirente, comprenant plus de 300 espèces ligneuses, et en forêt rabougrie et savane d’altitude aux arbres chargés d’épiphytes.


Recommended citation
BirdLife International (2022) Important Bird Areas factsheet: Forestry massif of Basse-Terre island. Downloaded from http://www.birdlife.org on 14/08/2022.